Dur, dur de franchir le pas (hum, hum, le jeu de mot!). Dur de voir grandir son petit dernier, de voir s'allonger ses petits pieds et de se dire qu'il va bientôt falloir les chausser.

Longtemps, j'ai résisté. Hors de question d'entraver ces petons tout doux dans des chaussures rigides. Depuis que Marin avait cessé d'être un nourrisson, je lui chaussais des chaussons de cuir tout souple qui allaient bien. Des chaussons que j'avais découvert à la naissance de Rose et que je trouvais formidables.

Le mieux encore évidemment c'était de le laisser gambader pieds nus autant que possible. Les yeux des personnes alentour se posaient avec curiosité sur ce petit garçon propre sur lui mais doté de pieds d'une saleté rare. Pas vraiment le genre du coin!
Ici, on chose des horreurs de baskets en plastique à des bébés qui n'ont même pas atteint l'âge d'avoir posé un pied à terre. Alors un petit garçon pieds nus, ça intrigue. La dame du club a d'ailleurs demandé l'autre jour si nous étions des Haré Krishnas...

Mais ces temps-ci ont été frais et humides. L'accès du jardin lui était proscrit avec ses semelles qui s'imbibaient de la pluie. Je me retrouvais donc à subir un Marin sanglotant devant la porte du jardin dont je lui interdisais l'accès. Soupir d'une mère!
Décision fût donc prise de lui acheter sa première paire de chaussures. Cinquante kilomètres il a fallu faire pour trouver des chaussures. Nous vivons pourtant dans une ville qui doit compter une vingtaine de magasins de chaussures, mais pas une seule en cuir! Là-bas, la paire a été trouvée. Et dans une jolie boîte, histoire de faire passer l'amère pilule...

Mais finalement, je ne suis pas si frustrée: ces chaussures offrent suffisamment de "jour" pour pouvoir deviner toujours les orteils potelés de mon Marin!

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